En vidéo – Le CERN cherche à valoriser des millions de mètres cubes de roche de son prochain chantier
Le futur collisionneur circulaire du CERN devrait faire 91 km de circonférence, ce qui veut dire autant de roche à excaver et à valoriser d’une manière ou d’une autre. Le centre de recherche teste aujourd’hui des solutions pour donner une seconde vie à la molasse extraite du sol.
l a fait polémique dès son annonce il y a quelque temps. Tout ça en raison de sa taille, mais aussi et surtout pour son impact environnemental. Il fera 91 km de long et sera enfoui en moyenne à 200 mètres sous la surface. Et ça veut dire qu’il faudra excaver toute cette matière. Mais que faire de toute cette roche?
Selon ses estimations, le CERN devra excaver plus de 6,3 millions de mètres cubes de roche. Selon l’ONG Noé21, cela représentera 8,5 millions de mètres cubes une fois sorti de terre, puisque la roche compacte prend du volume au contact de l’air. Ce qui correspond à environ 3 pyramides de Kheops. Mais le tout extrait de huit sites et sur huit ans.
Pour faire face aux critiques, le CERN a lancé des recherches pour réutiliser une large partie de la matière excavée. Nous avons été invités en France voisine sur le site de ces tests, sous le nom de projet OpenSkyLab, littéralement «laboratoire à ciel ouvert». Le sol du Grand Genève est à 95% constitué de molasse, nous dit le CERN. Ils nous ont montré comment ils souhaitent réutiliser cette molasse, autrefois utilisée à Genève pour construire des bâtiments.
Car, aujourd’hui, aucun processus de valorisation à l’échelle industrielle n’existe pour la molasse. Elle finit surtout en remblai quasi stérile ou en décharge. Le CERN souhaite ainsi transformer un quart des matériaux excavés en substrat – c’est-à-dire en terre fertile. L’idée serait de les utiliser localement dans l’aménagement du paysage et d’anciennes friches industrielles, aux abords des routes ou dans le but de cultiver des plantes à fibre, comme des pommiers et des vignes.
Le début de l’exploitation est prévu pour le milieu des années 2040. Elle se fera en deux phases, d’abord avec un collisionneur électron-positon, puis un collisionneur proton-proton. L’accélérateur permettra d’ouvrir la voie à des mesures de précision sans précédent selon le CERN, au-delà du Modèle standard. Le FCC aura la capacité, grâce au collisionneur proton-proton, d’atteindre des énergies 8 fois supérieures à celles du LHC actue.
Artiom Missiri, Publié « Le Temps », le 11 octobre 2025 à 08:00. / Modifié le 11 octobre 2025 à 09:17.